Distillerie Coopérative Les Vignerons D'aniane
Commune Aniane (34)
Réalisée par
maître d'oeuvre inconnu

Date de construction initiale 1911
Actuellement
Maison, garage, ateliers municipaux
Ref. IA3400703

Crédits
Rodriguez Lionel
(c) Inventaire général, 2009



Histoire
La distillerie coopérative "Les Vignerons d'Aniane" est créée par les statuts du 14 septembre 1910 déposés chez Maître Siau notaire de la commune. Les coopérateurs occupent les bâtiments d'une petite propriété viticole, qu'ils transforment et agrandissent. En 1911, un prêt du Crédit Agricole est accordé. En 1917 la distillation des piquettes est mentionnée, mais on ignore si la distillation des marcs en phase solide était pratiquée auparavant. En 1924 la distillerie transformait la matière première de Gignac et Saint-Jean-de-Fos. A Gignac une distillerie coopérative existait depuis 1918 mais l'usine actuelle n'est construite qu'en 1929. Saint-Jean-de-Fos n'a jamais possédé de distillerie coopérative. La cave coopérative d'Aniane est construite en 1925 par l'architecte A. Cassan. Une huilerie coopérative est installée avant 1927 dans l'enceinte de la distillerie. L'enquête agricole de 1929 signale que la coopérative adhère avec 40 autres au Syndicat Central des Distilleries Coopératives dont le siège est 16, rue de la République, à Montpellier. L'exploitation s'arrête en 1994.


Galerie (1)

Description
L'emplacement a été choisi pour son éloignement du village mais surtout pour sa proximité avec un ruisseau où se déversaient les effluents et pour son ouverture sur la route de Gignac, principal axe d'entrée dans l'agglomération par le sud. L'établissement est implanté sur une parcelle rectangulaire. La distillerie coopérative d'Aniane est un édifice constitué de sept bâtiments distincts, plus une huilerie. Le premier état d'occupation s'organise autour d'un bâtiment rectangulaire régulier à corps multiples construit le long de la rue de la distillerie. Avant l'arrivée des coopérateurs, les constructions formaient les dépendances d'un domaine viticole sans la demeure du propriétaire, composé d'une étable à chevaux accostée d'un chai surmonté d'un ramonétage (métairie) et d'un garage en rez-de-chaussée. Le corps de bâtiment principal est l'étable à chevaux surmontée d'un fenil, couverte d'un toit à longs-pans. La façade principale s'ouvre au sud à travers le mur-pignon sur rue. Les ouvertures superposées forment une travée centrale composée de deux portes, encadrée de deux fenêtres en rez-de-chaussée. Une porte charretière s'ouvre au centre du mur-pignon. La porte haute ouvre sur le fenil. La couverture en tuiles creuses repose sur une charpente en bois et métal : des fermes métalliques supportent des pannes, des chevrons et un voligeage en bois. Le chai surmonté du ramonétage est construit à l'alignement de l'étable à chevaux. La façade principale ouvre au sud avec un mur-pignon sur rue. Un portail couvert d'une plate-bande donne accès au chai. L'étage-carré est ajouré de deux fenêtres. On accède au logis par un escalier extérieur à volée droite fixé contre le mur-gouttereau ouest, percé d'une porte et de fenêtres. Un garage rectangulaire en rez-de-chaussée s'engage par son angle nord-est dans le mur-gouttereau ouest du chai. Sa position à 45° et en renfoncement place son angle sud-est en saillie dans la cour. Le garage est couvert d'un toit à longs-pans couvert en tuiles creuses. La façade principale occupe le mur-gouttereau sud-ouest. Les trois corps de bâtiment sont enduits à la chaux beige recouverte d'un badigeon blanc sur toute la surface ou en encadrement des baies et des murs. Les coopérateurs transforment l'étable à chevaux en atelier de distillation ; le ramonétage accueille le logement du directeur. Un fenestron est percé à travers les murs-gouttereaux mitoyens pour mettre en communication visuelle le logis et l'atelier. La cour à chevaux devient l'aire des marcs frais introduits dans l'atelier par trois portes percées dans le mur-gouttereau oriental et une porte dans le mur-pignon nord. Une porte piétonne surmontée de l'inscription peinte "atelier" permet le passage entre l'aire et l'atelier. L'atelier est occupé par des réservoirs et par l'appareil distillatoire. Quatre cuves à piquettes ouvertes, creusées dans le sol au pied des portes, occupent l'angle nord-est du corps de bâtiment. Trois regards grillés s'alignent au sol dans l'axe longitudinal de l'atelier. Ils correspondent à une ou plusieurs cuves enterrées. Deux cuves surélevées jointives en béton armé occupent l'angle sud-ouest. Elles servaient peut-être à stocker l'alcool. Dans l'angle opposé, une cabane en bois munie d'une porte vitrée et d'une fenêtre abritait le bureau. La colonne était placée au milieu du mur-gouttereau ouest dans une structure métallique montant du sol jusqu'au-dessus du versant de la toiture à travers le plancher existant. Aujourd'hui la trémie est fermée d'une verrière qui succède à une tour. L'eau de refroidissement provient d'un bassin circulaire creusé à l'arrière du bâtiment. Il est alimenté par un canal d'irrigation qui arrose une partie de la vallée de l'Hérault. Un corps de bâtiment à usage possible de chaufferie a été adossé au mur-pignon nord du chai. Il possède une porte identique à celles de l'atelier. Un corps de bâtiment plus récent portant l'inscription peinte "chaufferie" a été adossé contre le mur-pignon nord de l'atelier. Des armatures métalliques maintenaient une cheminée en tôle contre le mur. Le conduit obturait un jour vertical à encadrement de brique qui éclairait dès l'état initial le comble de l'étable à chevaux. Un corps de bâtiment en appentis à charpente métallique couvert de tuiles mécaniques s'adosse contre le mur-gouttereau est de l'atelier. Il est destiné à protéger les marcs en attente de versement dans les cuves à piquettes. Deux cuves enterrées sont creusées sous le corps de bâtiment, contre le mur bahut de clôture. Silo et appentis contemporains correspondent à une augmentation des capacités de production de la distillerie. Un pont bascule est installé dans la partie nord en bordure de la pente, ainsi qu'une batterie de cuves à diffusion et un silo. Le silo est construit contre la pente, au droit de la batterie. De plan rectangulaire, il s'élève sur deux niveaux en étage de soubassement. Il est couvert d'un toit à longs-pans et de tuiles mécaniques. La charpente métallique est composée de fermes maintenues par des étrésillons supportant des pannes. Les chevrons et le voligeage sont en bois. L'espace intérieur est composé d'un vaisseau divisé par une mezzanine. Le bâtiment est construit en moyen appareil irrégulier de moellons équarris. Quatre portes ouvrent sur le mur-gouttereau sud qui forme la façade principale, le long de l'axe de circulation. Un bandeau régnant en béton armé couvre les ouvertures. La fonction probable du bâtiment était de stocker les marcs lorsque les cuves à piquettes étaient pleines. Les marcs étaient déversés dans le silo par les deux portes orientales de la façade. Ils étaient ensuite remontés pour remplir les cuves grâce au treuil sur rails suspendu aux fermes. Les marcs étaient déposés sur le sol de la mezzanine et évacués par les deux portes ouest de la façade. La manutention des marcs s'effectuait probablement avec des wagonnets. Un petit bâtiment rectangulaire couvert de deux longs-pans abrite un bassin de décantation en contrebas de l'usine, près du ruisseau.


Observations
a distillerie fondée en 1910 appartient à la première vague de créations (1905-1918). Elle est créée la même année que celle du village voisin de Gignac. Elle appartient au groupe des distilleries implantées dans des locaux préexistants. Sa particularité est d'occuper les dépendances d'un petit domaine viticole. La maison bourgeoise n'est pas construite sur le site. Comme beaucoup de distilleries de cette époque, elle emploie le système des piquettes. Elle correspond à la famille typologique des édifices à bâtiments distincts.