Cave Coopérative et Huilerie de Saint-Jean de la Blaquière
Commune Saint-Jean-De-La-Blaquière (34)
Réalisée par
Rodier Jean (architecte)
Rodier Etienne (architecte)
Dumoulin Maurice (entrepreneur)
Olivier Louis (entrepreneur)

Date de construction initiale 1946
Ref. IA34004302

Crédits
Lochard Thierry
(c) Inventaire général, 2004



Histoire
L’assemblée générale constitutive de la société coopérative du 24 novembre 1946 regroupe 62 adhérents. Les architectes Rodier signent les plans du projet de coopérative quelques mois auparavant, le 28 juin. Ils projettent une première tranche de travaux de 10.935 hl et une seconde de 5.386 hl en prolongement du bâtiment existant, pour un montant total de 17.400.000 f. Une demande d’avance à long terme de 8.680.000 f est demandée pour la construction et reçoit un avis favorable en novembre 1946. L’adjudication a lieu à la mairie du village le 2 décembre 1946. L’entrepreneur Maurice Dumoulin de Canet (Hérault) réalise les travaux de maçonnerie, en grande partie achevés à la fin de l'année 1947. Le projet comporte également la construction d'une confiserie d'olive adossée à gauche de la cave. Un financement supplémentaire de 6.523.942 f est demandé en 1949, justifié par des dépenses supplémentaires liées notamment à une augmentation du cavage et à des travaux de maçonnerie et de plomberie. Un conflit interne entre coopérateurs éclate en 1955, retardant probablement le dossier de financement de travaux d’agrandissement envisagés, mais probablement non réalisés. En effet, les agrandissements prévus par les architectes à l'arrière des bâtiments existants dès 1948 ne sont réalisés qu’en 1968-70. Des cuves en inox sont installées à l'extérieur de la cave dans les années 1970. En 2001, la cave regroupe 120 adhérents pour une capacité de 72 000 hl. et une production de 27 000 hl.


Galerie (1)

Description
La coopérative est formée d’un grand bâtiment abritant les fonctions principales (quais de réception des vendanges, grand hall de vinification et cuves) et, en façade principale, d’un petit corps de bâtiment accolé comprenant les bureaux et le logement de fonction. La composition d’ensemble en élévation, très recherchée avec ses trois pignons différents décalés latéralement, intègre de nombreux motifs architecturaux : quais de réception inscrits dans des grands arcs en plein cintre sans piédroits avec auvent aplati proéminent (motif employé également à Boisseron, par Joseph Rouquier à Murviel-les-Montpellier et à Ballaruc-le-Vieux, et repris par d’autres architectes comme Paul Brès à Aigne), le pignon dissymétrique (que l’on retrouve dans les créations d’Emile Peyre), l’angle arrondi (repris par René Villeneuve à Laroque-Ganges). Le thème de la demi rotonde hors-œuvre située à l’extrémité des bureaux, l’appareil en moellons équarris et des détails architecturaux comme les chevrons apparents en béton appartiennent au vocabulaire des frères Rodier (Montpellier, Saint-Saturnin, Boisseron, projet de Sussargues). La coopérative est agrandie à l’arrière dans un volume de même gabarit mais avec un traitement architectural plus sommaire, dont des grandes baies à croisillons et meneaux multiples.


Observations
La coopérative est une réalisation remarquable des frères Rodier qui intègre de nombreux motifs architecturaux originaux mais aussi partagés avec les architectes qui interviennent sur ces programmes à la même période.