Huilerie De Pépins De Raisin) Distillerie Coopérative "la Minervoise D'olonzac"
Commune Olonzac (34)
Réalisée par
Tarbouriech Jean-Félix (ingénieur-architecte, 1924- 1940)
Villeneuve René (architecte, 1942 - 1964)
Villeneuve Jean (ingénieur, 1964)
Cerda (entrepreneur)

Date de construction initiale 1924
Actuellement
Distillerie coopérative
Ref. IA34007142

Crédits
Normand Sabine
(c) Inventaire général, 2009



Histoire
La société coopérative de distillation "La Minervoise" d'Olonzac a été créée le 25 avril 1909 par Antonin Bourdié, son président jusqu'en 1931. C'est une des toutes premières créées dans le département de l'Hérault. Elle comprend à l'origine, les communes de : Olonzac, Oupia, Beaufort, Aigne, Azillanet, Cesseras. Un prêt du Crédit Agricole est obtenu le 5 septembre 1909. Durant près de vingt ans, c'est l'architecte audois, Jean-Félix Tarbouriech (1890-1967), qui intervient sur la distillerie, entre 1924 et 1942, en plus des nombreuses caves dont il est l'auteur durant cette période. Pour la période antérieure à 1924, un plan de la distillerie établi par l'architecte héraultais, André Cassan, a été retrouvé dans les archives privées. Ce plan fait état des bâtiments avant la construction de la nouvelle batterie de diffusion prévue en 1924 par Jean-Félix Tarbouriech. André Cassan pourrait être le premier architecte ayant travaillé à la distillerie d'Olonzac. Les premiers documents consultés démarrent en 1924 : la nouvelle batterie de huit cuves à diffusion, est construite, en remplacement de l'ancienne qui est démolie, ainsi qu'un mur de soutènement, pour la somme totale de 125 144 francs. C'est l'entreprise Cerda qui réalise alors les travaux en béton armé. En 1926, la distillerie acquiert un appareil rectificateur Barbet "dans le but de produire de l'alcool rectifié neutre". Plusieurs lots de travaux sont prévus pour installer l'appareil au centre d'une ossature en béton armé comprenant deux bassins et construire un bâtiment afin d'abriter une nouvelle chaudière, une soute à charbon ainsi que de nouveaux bureaux. En mai 1927, des terrains sont achetés auprès de Jean Laguerre pour y installer une station de pompage et ainsi amener de l'eau en quantité suffisante à la distillerie. La fin de l'année 1927 voit la mise en oeuvre d'un projet important d'agrandissement des infrastructures de la distillerie avec la construction d'une nouvelle batterie de cuves à diffusion d'une capacité de 17 000 HL, avec passerelles, conquets et escaliers, d'une cave à alcool comprenant huit bacs d'une capacité de 900 HL, ainsi que d'un bâtiment abritant une huilerie de pépins de raisins et de fabrication de tartres. Un 2ème lot de travaux prévoit la construction d'un bâtiment pour loger les ouvriers, ainsi que le logement du directeur au-dessus de la cave à alcool. Le montant total des travaux s'élève à 750 000 francs. En 1935, installation d'une nouvelle chaudière et construction d'une nouvelle ossature en béton par G. Fraisse, entrepreneur à Olonzac. En 1938, construction d'un réservoir en béton armé et d'un hangar à combustible en bordure de la rivière l'Ognon. En 1942, l'architecte René Villeneuve (1903-1989) élabore un projet pour construire une station de production de gaz méthane et envoie la copie du dossier à l'architecte héraultais, Edmond Leenhardt. Après guerre, la distillerie ne cesse de se développer et passe de 450 adhérents et 5 caves en 1942 à 800 adhérents et 16 caves coopératives en 1958. Les quantités de marcs traités deviennent de plus en plus importantes et nécessitent de constants aménagements. En 1947, R. Villeneuve présente un projet d'agrandissement avec la construction d'une cuverie à diffusion (six cuves de 900 hectolitres, soit 5400 HL au total), dans le prolongement de l'ancienne, de nouveaux bureaux à partir du bâtiment de l'ancienne cave à alcool, et de cabines de douche. Le projet est représenté une deuxième fois 1951, les moyens suffisants n'étant pas réunis à la sortie de la guerre. En 1958, une 2e extension est prévue avec la construction et l'équipement d'une nouvelle cuverie d'une capacité 18 000 HL pour porter à 8 millions de kilos de marcs traités par an. En 1964, René Villeneuve est associé à son fils, Jean, pour la construction d'un magasin à engrais. En 1967, aménagement d'un logement et de sanitaires dans les logements existants. En 2007, la distillerie de Lézignan-Corbières fusionne avec celle d'Olonzac. Aujourd'hui, la distillerie coopérative appartient à la Société française de Distillation (SFD).



Description
Les bâtiments initiaux de la distillerie coopérative d'Olonzac sont disposés le long de la route d'Homps et à proximité de la rivière l'Ognon. Ces premiers bâtiments ont été accolés les uns aux autres. Par la suite, les extensions nécessaire au développement de l'activité se sont faites sur l'arrière, avec l'acquisition de parcelles de vignes et de points d'eau. Les bâtiments initiaux se composaient, de gauche à droite : d'un hangar pour le dépôt des marcs brûlés, d'une batterie de cuves à diffusion, dites "cuves Roos" (du nom vraisemblablement du fondateur et directeur de la station d'oenologie de l'Hérault, Lucien Roos), d'une halle de distillation, d'une cave à alcool, d'une petite écurie, et d'un bâtiment servant au logement du "locataire" ou gérant de l'établissement. Au fil des aménagements successifs, ces premiers bâtiments ont été transformés, détruits, ou agrandis. Ainsi, les premières cuves ont été démolies et un bâtiment a été construit qui a servi pour stocker des engrais. Une chaufferie a été construite sur un emplacement vacant. La cheminée en brique visible aujourd'hui date de 1935.


Observations
La distillerie d'Olonzac est une des plus anciennes distilleries coopératives de l'Hérault, la société ayant été créée en 1909. Et c'est aujourd'hui une des dernières encore en activité. Le site a fait l'objet de nombreux aménagements et extensions depuis la construction des bâtiments initiaux, situés entre la route d'Homps et la rivière l'Ognon. C'est l'architecte carcassonnais, Jean-Félix Tarbouriech, qui pendant vingt ans, a été chargé des différents projets, puis à partir de 1942, ce fut le tour de René Villeneuve, secondé par son fils Jean à partir des années soixante.