Les Terrasses D'alaric
Commune Douzens (11)
Réalisée par
Ladousse Gaston (architecte)

Date de construction initiale 1938
Ref. IA11001534

Crédits
Sauget Jean-Michel
(c) Inventaire général, 2008



Histoire
La société coopérative de vinification est créée le 18 juin 1938. L'absence de sources documentaires relatives à cette cave ne permet pas de documenter le développement de la cave. La découverte, dans les archives de la cave coopérative Les Vignerons du Narbonnais d'Ouveillan, de la copie d'un brevet déposé par l'architecte Gaston Ladousse, de Port-La-Nouvelle, pour un "Procédé nouveau de construction des caves coopératives système breveté SGDG" ([S.l., s. d.- vers 1938], document ronéoté, 4 p., 2 fig.) permet d'attribuer avec une grande certitude la construction de la cave de Douzens dont la morphologie est identique à la coupe de la cave type que ce maître d'oeuvre propose dans le brevet : la cave de Douzens semble avoir servi de prototype à la future cave modèle que Ladousse construit à Moussoulens et à celle de Pezens, de Saint-Hilaire et de Montréal, où il modifie légèrement le projet en plaçant les cuves de conservation au rez-de-chaussée comme bas-côtés du hall de travail, alors qu'à Douzens, celles-ci se situent à l'étage, entre le hall du rez-de-chaussée et le 2e étage de circulation. La cave d'Aigues-Vives, plus tardive (1939) reprendra ce principe mais avec un seul niveau de cuves. Le premier module construit à Douzens, d'une capacité initiale de 14000 hl, se limite au module correspondant à celui de la cage d'escalier construite en demi-hors-oeuvre, avec les deux baies carrées flanquant la cage. Les premiers agrandissements se font de part et d'autre de cet ensemble puis un nouveau module est encore accolé au petit côté du bâtiment, à gauche, du côté de la maison abritant les bureau et le logement de fonction. Par la suite, d'autres agrandissements conséquents viennent s'accoler au mur gouttereau postérieur, dans une disposition plus classique de cuves réparties de part et d'autres d'allées : ce sont probablement les agrandissements signalés dans un courrier du président de la cave envoyé au service du Génie rural le 5 janvier 1963, dans lequel il confirme le versement de subventions relatives à des agrandissements réalisés en 1955 et en 1960-1962. François Bouteillé, après la disparition de Ladousse en 1964, construit à partir de 1965 de nouveaux chais dans la cour arrière : 2 cuves cette année, sur les 6 prévues, après l'installation d'un poste de pressurage en 1964. En 1977, le même maître d'oeuvre construit des quais de réception de la vendange dans le bâtiment de l'ancienne distillerie située en face et en contrebas de la cave coopérative. En 1979-1980, installation de 3 cuves inox, pour la mise sous gaz inerte, dans la partie postérieure du premier agrandissement de la cave primitive. Par la suite, d'autres travaux de modernisation et d'agrandissements sont réalisés et la cave est toujours en fonctionnement.



Description
La cave possède un plan atypique avec une organisation en hauteur inhabituelle, constituant, avec la cave d'Aigues-Vives, une exception intéressante du catalogue typologique des caves languedociennes. La coupe de bâtiment que Gaston Ladousse joint au brevet déposé vers 1938 pour un "Procédé nouveau de construction des caves coopératives système breveté S.G.D.G.", retrouvé dans les archives de la cave d'Ouveillan, permet d'en comprendre plus facilement l'articulation et la distribution. La cave primitive se présente sous la forme d'un haut parallélépipède en béton armé couvert d'un toit terrasse surmonté d'une galerie de circulation également couverte d'un toit terrasse. Cuves et circulations se superposent sur 5 niveaux, dont trois de circulation qui encadrent les deux étages de cuves. Une grande cage d'escalier en demi-hors-oeuvre est placée sur le mur gouttereau qu'elle surplombe ; elle est éclairée par un jour vertical. Elle est couronnée d'un attique portant l'inscription "cave coopérative" en lettres Art déco, entre deux moulures en béton simplifiées à l'extrême. Les quais d'origine sont placés de part et d'autre de la cage d'escalier et ouvrent sur un hall de travail qui occupe l'intégralité du rez-de-chaussée. Les cuves de stockage sont disposées au 1er étage et reposent sur une série de piliers. Au dessus de ces dernière, un niveau de circulation permet de remplir les cuves de stockage tandis que les trappes de visite disposées dans le plafond permettent de tirer le marc des cuves de fermentation de l'étage supérieur et de le verser dans les pressoirs mobiles installés dans ce niveau. Les cuves de fermentation sont disposées au 3e étage. A l'extérieur, les parois des cuves sont protégées par une série de lamelles béton imitant la disposition de persiennes ou celle des abat-son des clochers. Un dernier niveau de circulation, sous abri lui aussi, est installé au-dessus de ces cuves, entre les bassins de débordement qui les couronnent. Le premier agrandissement de la cave est construit à l'identique, à gauche. Les suivants, plus "classiques", prennent place derrière le bâtiment, selon une disposition familière : des cuves superposées de part et d'autre d'allées de circulation. Enfin, le chai construit par François Bouteillé, ressemble à ses réalisations avec ses murs en parpaings percés de fenêtres carrées superposées aux encadrements saillants.