Société Coopérative De Distillation Des Vignerons De Béziers
Commune Béziers (34)
Réalisée par
maître d'oeuvre inconnu
Valat Pierre (architecte)
Bres Paul (architecte, ingénieur)
Société Méridionale d'Entreprise (entrepreneur de maçonnerie)
Etablissements Rouanet et Valette (entrepreneur de charpenterie)
Furrer Robert (constructeur)

Date de construction initiale 1911
Ref. IA3400709

Crédits
Rodriguez Lionel
(c) Inventaire général, 2009



Histoire
Poussée par des plaintes des riverains et des nécessités d'extension, la Société Coopérative de Distillation des Vignerons de Béziers, fondée en 1920, quitte son implantation initiale boulevard de Genève en 1936 pour un site route de Capestang, dans le quartier du Faubourg. Les coopérateurs rachètent et conservent la distillerie privée Rouquairol qui porte un chronogramme de 1911. Situé près de l'Orb, sur un terrain plat et à l'écart de la ville, le nouveau site est l'objet de projets d'extensions. L'architecte Pierre Valat signe une batterie de cuves à diffusion, les Etablissements Lucien Béteille livrent des plans pour la manutention mécanique des marcs. La nouvelle usine doit traiter 6000 tonnes de marcs en 40 jours, entre autres ceux de la distillerie coopérative de Colombiers avec laquelle elle a fusionné. Trois délégués de Colombiers sont ainsi intégrés à son conseil d'administration. L'usine est inaugurée avec la vendange de 1936 dans des conditions d'exploitation minimales, complétées par des investissements supplémentaires dès 1937 : un réservoir d'eau est construit, un égout vers l'Orb est creusé et des bascules enregistreuses sont installées. La capacité de l'appareil distillatoire de l'usine Rouquairol est doublée par l'entreprise Urbain-Lepage. La nouvelle installation permet la distillation complémentaire des lies et des vins. Les sous-produits sont également intégrés au schéma de production : en 1937 sont produits du terreau et des tartrates, en 1940 sont construites une huilerie et une savonnerie dans un contexte de pénurie. Le manque de charbon conduit les distilleries coopératives de Corneilhan, Lignan, Vendres et Lespignan à porter leurs marcs à Béziers. Les travaux d'extension et de modernisation reprennent en 1947 avec l'augmentation du nombre d'adhérents. A cette date ils sont 2671 qui produisent plus d'un million d'hectolitres de vin et 7000 tonnes de marcs. Les travaux sont confiés à l'architecte Paul Brès. Les cuves à diffusion construites en 1936 sont couvertes d'une charpente métallique. Une nouvelle batterie de diffusion complète est édifiée avec sa couverture en charpente métallique et ses appareils de manutention. 8 cuves d'attente sont creusées sous un hangar, 4 cuves sont aménagées sous l'atelier de distillation. Le dossier d'adjudication signale que les bénéficiaires sont la Société Méridionale d'Entreprise (anciens Etablissements Papineschi Frères) pour le gros-oeuvre et les Etablissements Valette et Rouanet pour les charpentes métalliques, tous deux à Béziers. La proximité de l'usine avec l'orb l'expose aux excès du fleuve, qui ravage la distillerie les 6 et 8 décembre 1953. En 1980 le passage à la diffusion mécanique condamne les batteries couvertes, mais porte les capacités de traitement à 25000 tonnes de marcs. En conséquence l'appareillage ancien est remplacé par des colonnes en métal inoydable. Une station d'épuration chimique est construite sur un terrain attenant en 1983 afin de traiter le problème des effluents. Malgré ces efforts de modernisation, l'usine cesse son activité en 1989 avec son intégration au Groupe La Gardonnenque SA. Les matières premières continuent d'être collectées à Béziers mais sont envoyées à l'usine de Cruviers-Lascours, dans de Gard. Le site est en état d'abandon et de déconstruction progressive. Sa démolition totale ne saurait tarder. Les archives ont été emportées par l'inondation de 1996 sans qu'aucune action préventive d'inventaire, de classement ou de conservation n'ait été entreprise.



Description
La distillerie est un édifice à bâtiments isolés. La partie la plus ancienne correspond à l'atelier de distillation, de plan rectangulaire, dont le mur-pignon borde l'avenue. L'axe de circulation extérieur longe le mur-gouttereau de l'atelier qui forme la façade principale. Il est percé d'un portail couvert d'un arc en plein cintre. Le mur-pignon latéral gauche est percé d'une baie thermale au-dessus de laquelle un cartouche porte la date de 1911. L'atelier est accoté d'une chaufferie de plan rectangulaire allongé. Une cheminée cylindrique en briques émerge de sa couverture. Les bâtiments contemporains de l'état initial se distinguent par l'emploi de pierre de taille aux chaînages d'angle, et aux encadrements des baies en alternance avec des assises de briques. L'ensemble de ces bâtiments distincts se répartit le long d'un axe de circulation longitudinal au fond duquel s'étend une cour plantée de platanes. Les extensions ont été construites au sud et à l'est de cette zone d'occupation initiale.