L’Inventaire Général du Patrimoine en Languedoc-Roussillon

Créé en 1965, le Service régional de l'Inventaire est devenu en 2007, à la suite de la loi de décentralisation du 13 août 2004, l'Inventaire Général - Région Languedoc-Roussillon, avec le transfert de cette compétence de l'Etat vers la Région.

Composé d'une équipe de spécialistes du patrimoine, de l'architecture et de l'histoire de l'art, il a pour mission, dans la lignée des ambitions visionnaires d'André MALRAUX et d'André CHASTEL, de « recenser, étudier et faire connaître » le patrimoine, dans son acception la plus large.

Cette capacité d'expertise est régulièrement mise à contribution par les acteurs du milieu patrimonial dans le cadre d'autorisation d'urbanisme, de fouilles archéologiques, de publications savantes ou grand public.


L'étude menée : contexte et résultat

La région Languedoc-Roussillon, après avoir possédé le plus grand vignoble du monde, occupe la première place mondiale dans le domaine de coopération par la concentration exceptionnelle de sociétés coopératives agricole de vinification sur son territoire :
582 coopératives vinicoles recensées, réparties sur les quatre départements viticoles (Aude, Gard, Hérault et Pyrénées-Orientales) et 109 distilleries dans l’Hérault.

Au fil des crises et des restructurations, il en reste un peu plus de 300 en fonctionnement, regroupées dans une fédération régionale active.

Une telle concentration d’établissements construits souvent par des architectes plus ou moins connus ne pouvait qu’attirer l’attention d’institutions et de chercheurs spécialistes de l’architecture contemporaine sur un ensemble monumental encore très méconnu dans les années 1990.

C’est en 1996 que la Conservation régionale des Monuments Historiques (DRAC Languedoc-Roussillon) lance une étude sur les caves coopératives de l’Hérault, département qui compte, avec le Gard, le plus de caves.

Cette étude, réalisée par des architectes, se voulait exhaustive, mais, dans les faits, laissait de nombreux édifices de côté. Une deuxième étude est lancée rapidement pour compléter le recensement mais tombe très vite dans les mêmes travers : édifices ignorés, datations et attributions erronées, absence de documentation.

illustration-caves Au début des années 2000, Thierry Lochard, chercheur au service régional de l’Inventaire (DRAC), reprend et refond les deux études, complète la documentation historique et iconographique et commence à intégrer les édifices manquants.

Ce travail débouche rapidement sur la mise sur pied d’un programme de travail de l’Inventaire sur les caves coopératives du département de l’Hérault agréé par le conservateur régional de l’Inventaire et la DRAC, avec le dépouillement des archives existantes (Archives départementales de l’Hérault) mais également par la recherches des fonds privés, notamment les archives privées d’architectes ayant œuvré dans les caves.

En 2007, le service régional de l’Inventaire est décentralisé et intégré à la Direction de la Culture et du Patrimoine du Conseil régional Languedoc-Roussillon. Tout naturellement l’idée d’étendre cette étude aux quatre départements viticoles de la région s’est rapidement imposée et fut actée dès 2008, dans la continuité de la politique de soutien que mène le Conseil régional pour aider la filière viticole dans la crise qu’elle traverse.

L'ouvrage « Caves coopératives en Languedoc-Roussillon » publié au début de l’année 2010 rassemble une somme de connaissances exceptionnelle sur des édifices qui prennent, avec les temps difficiles que rencontre la viticulture, une dimension historique et patrimoniale que les fondateurs du mouvement coopérateur n’avaient certainement pas envisagée en 1905.